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Deuil périnatal : pourquoi le corps continue de souffrir après une fausse couche ou une interruption de grossesse

  • mandaliayoga
  • 15 févr. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Quand on perd un bébé, on peut penser que le deuil est accompli une fois la douleur émotionnelle traversée. Pourtant, si des symptômes persistent, c’est peut-être que le corps est toujours porteur d'une empreinte qui n'a jamais été entendue.


Je vous parle d’Émilie, une jeune femme de 35 ans que je vois en séance pour la première fois.



"Je devrais aller bien. Je ne comprends pas."

Émilie est fatiguée. Pas une fatigue passagère, mais plutôt une lassitude profonde et persistante. Elle se sent comme vidée, incapable de retrouver son énergie d’avant.

Elle a tout essayé : bilans médicaux, repos, compléments, soins énergétiques, massages… Rien n’y fait.



''Trois ans.''

C’est la réponse qui lui vient spontanément quand nous cherchons l’origine de cet épuisement.



Que s’est-il passé, il y a trois ans ?

Après un silence, elle me dit : "J’ai fait une fausse couche à trois mois de grossesse."

Elle dit cela avec calme, comme pour évoquer un fait lointain. Elle a fait son deuil, elle a pleuré, compris, avancé. Elle a eu un autre enfant depuis.

Tout va bien.


Enfin… c’est ce qu’elle croit.


Jusqu’au moment où je lui propose d'amener son attention sur son corps.

Et là, quelque chose émerge.

Son corps lui apparaît comme figé.

Lui n'a jamais "avancé". 

Il se souvient de l’impuissance, du vide, du moment où la vie lui a échappé.

Trois ans qu’il garde tout cela en silence. Crispé. Qu’il attend d’être entendu.



Ce jour-là, Émilie a fait une chose qu’elle n’avait jamais faite : elle a entendu ce que son corps éprouvait.

Elle a laissé émerger ce qu’il portait, elle a accueilli sa détresse, sa culpabilité, ce vécu enfoui.

Dès que le corps est entendu, Émilie sent comme une vitalité qui revient.

Elle me dit ''je sens que ça circule dans mon corps, c'est chaud, c'est vivant... c'est fou !''


Quelques jours plus tard, elle m’écrit.

"Je dors mieux. Je me sens plus légère. Comme si j'étais libérée d'un poids."


Le corps a toute sa place dans le processus de deuil.

On pense souvent qu’un deuil ou un traumatisme est "derrière nous" lorsque nous l’avons compris, traversé émotionnellement, intégré psychiquement.


Mais le corps, lui, a son propre langage. Il peut garder en mémoire ce que l’esprit a dépassé.


Que ce soit après une fausse couche, un accident, une agression ou tout autre choc, il arrive que la psyché ait avancé… tandis que le corps, lui, est resté figé dans l’instant. Fatigue inexpliquée, tensions, douleurs diffuses… autant de signaux souvent négligés, alors qu’ils portent en eux une part essentielle de l’histoire.


En séance, j’accompagne souvent ces moments où l’on découvre que le corps et la psyché ne racontent pas la même chose. 


Et lorsqu’on prend enfin le temps d’écouter le corps, quelque chose peut se relâcher en profondeur. 



Être accompagnée :

Si ce que vous traversez fait écho, vous pouvez consulter la page dédiée à l’accompagnement du deuil périnatal ou me contacter directement pour un premier échange.


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