Le désir de grossesse après une fausse couche : entre envie, peur et culpabilité
- mandaliayoga
- il y a 4 jours
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L'envie de retomber enceinte après une fausse couche
Après la perte d'un bébé, il est fréquent de souhaiter une nouvelle grossesse rapidement, comme pour restaurer un élan de vie interrompu. Mais ce désir s'accompagne d'une certaine ambivalence, car le corps qui désire porter la vie vient de faire l'expérience de la mort, parfois dans des conditions particulièrement douloureuses.
Après une fausse couche, aborder une nouvelle grossesse fait émerger des émotions contradictoires, en lien avec l'enfant qui a précédé. Les sensations du corps, qui a déjà porté une vie interrompue, ne sont plus vécues de la même manière. À la neutralité heureuse d'avant se substituent les comparaisons, les doutes, les craintes. Il y a aussi ces dates anniversaires qui ravivent les blessures. Et à la peur de revivre une fausse couche s'ajoute la culpabilité, en désirant cette nouvelle grossesse, de se détourner du bébé que l'on a perdu.
Certaines mères ont ainsi le sentiment de trahir l'enfant précédent, comme si l'arrivée d'un nouveau bébé risquait d'effacer sa trace. C'est souvent dans ces moments-là que le processus de deuil périnatal, qui semblait apaisé, peut se réactiver.
La grossesse suivante : est-ce normal de penser autant au bébé que l'on a perdu ?
Lorsque la nouvelle grossesse arrive, les pensées et les préoccupations ont tendance à revenir vers le bébé qu'on a perdu. Ce processus est naturel, car il permet, de façon instinctive, de s'assurer qu'on l'a suffisamment fait exister et qu'un nouvel enfant ne viendra pas effacer sa trace.
C'est aussi le moment où peut émerger une question essentielle : où en est-on dans son processus de deuil ?
Si le deuil est encore actif ou inabouti, que le regard de la mère demeure tourné vers le vide laissé par celui qu'elle a perdu, le nouvel enfant peut venir au monde avec une charge inconsciente : celle de remplacer celui qui est parti ou de consoler la peine de ses parents. Il risque d'arriver au milieu de turbulences émotionnelles, et de porter des projections qui ne lui appartiennent pas. D'une certaine façon, il devient un enfant de remplacement.
Il arrive en effet que malgré l'amour et le désir d'accueillir un nouvel enfant, certaines mères ne soient pas pleinement présentes à lui, car une part d'elles reste tournée vers celui qu'elles ont perdu et qu'elles n'ont pas fini de pleurer.
C'est pour cela qu'il est important de trouver une façon bien à soi de faire pleinement exister le bébé qui est parti...
Donner une place à l’enfant perdu pour mieux accueillir le suivant
Si vous n'avez jamais vu, ni tenu dans vos bras ce bébé, comme c'est le cas lors d'une fausse couche précoce, il peut être important que vous puissiez vous en créer une représentation concrète et palpable.
Une façon de donner une forme à ce bébé disparu est de créer un objet symbolique. Vous pouvez par exemple peindre, dessiner, fabriquer, modeler à l'argile, coudre un doudou... pour que votre inconscient puisse en avoir une représentation. Que cette première maternité soit investie et actée.
Et puis autour de cet objet, vous pouvez poser des gestes symboliques, comme un rituel qui a du sens pour vous, en accord avec vos croyances ou votre spiritualité. Par exemple, écrire une lettre, où vous pourrez lui annoncer l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, mettre son nom dans votre arbre généalogique, le faire inscrire sur le livret de famille pour lui donner une identité sociale, inviter vos proches pour honorer ensemble son passage dans votre vie et sa place dans votre lignée.
La force de ce rituel vient de la signification qu'il prend pour vous et de l'intention que vous y mettez. Ces gestes symboliques permettent d'apporter de la matière et de la sensorialité à quelque chose d'impalpable. Ils gravent dans votre histoire de parent, de famille, l'existence de ce bébé.
Plus cet enfant existe et a une place, plus il devient naturel pour les parents d'accueillir l'enfant suivant.
Il est important de comprendre qu'il n'y a rien de pathologique ou d'inquiétant à reparler du bébé que vous avez perdu ou à y repenser souvent pendant cette nouvelle grossesse. Cela participe du processus qui consiste à lui donner une place réelle, pour que le nouvel arrivant puisse avoir la sienne, comme petit frère ou petite sœur. Pour qu'il n'y ait plus de confusion.
L'intégration de ce qui a été vécu permet d'envisager l'avenir avec davantage de solidité.
Il n’y a finalement pas de moment idéal pour se relancer dans l’aventure de la parentalité. Il s’agit plutôt de s’y sentir prête, et d’accueillir les émotions et les pensées qui émergeront au cours de la grossesse.
Tomber enceinte après une fausse couche s’accompagne souvent d’ambivalences et d’appréhensions. Des mouvements intérieurs parfois contradictoires peuvent coexister : culpabilité, tristesse, peur, mais aussi joie et émerveillement à l’idée d’accueillir à nouveau la vie. Pouvoir les exprimer, ne pas les enfermer en vous, est essentiel.
Dans ces moments où vous pouvez vous sentir bouleversée, submergée, ou inquiète de l’impact de votre état intérieur sur le bébé que vous portez, vous pouvez être accompagnée afin de ne pas rester seule ou démunie avec ce que vous traversez.
Le travail thérapeutique consiste alors à mettre des mots sur les émotions, à reconnaître ce qui est encore actif en profondeur, et à rejoindre les parts de vous qui portent encore de la souffrance ou de la culpabilité, pour qu’elles puissent s’apaiser et faire place au mouvement de vie.
Si vous traversez ces fluctuations émotionnelles et que vous ressentez le besoin d’être soutenue, un accompagnement peut vous offrir un espace pour déposer ce qui vous traverse et avancer avec plus de stabilité intérieure, et vous reconnecter pleinement à la joie de porter la vie.
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